 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
5
|
| |
|
 |
|
De
la main à la terre, dans un va-et-vient charnel et
nourricier, le sculpteur façonne, pétrit,
appose et retire la matière afin de donner forme
et corps, de rendre vie à l’inertie de la poussière
. Dans son travail sur les têtes, les visages, Alain
Baudet part avant tout du matériau et de la technique
. L’argile, la chaux, le raku . La terre (la tête)
malaxée, façonnée, voit le jour dans
la fusion, dans une expérience toujours à
la limite de la destruction . Métaphore de la destinée
humaine à la lisière de la perte, de l’échec
et de la survie .
Pratique “naturaliste non figurative”, elle puise aux
sources d’images collectées lors de ses nombreux
voyages en Afrique et en Asie, se nourrissant de mythologies
antiques et orientales”, de “rencontres vécues
ou fantasmées, d’identités diffractées,
revisitées”.
|
| Il nous dit
: “La terre porte en elle tous les chemins, les destins,
elle raconte aussi quelque chose sur nous-mêmes, c’est
le médium idéal, il se nourrit de toutes les
cultures et transmet la mémoire de la forme et du
souffle, de la genèse à sa métamorphose
; c’est ce rapport à la terre, sa fragilité,
sa vulnérabilité qui donne corps, ou du corps
à mes rêves : représenter l’indicible,
mettre à jour l’intime, retrouver l’existence en
terre pour mieux se perdre à nouveau dans cette chair
d’argile . Le visage est le témoin privilégié
de cette confrontation, de cette frontalité “.
Rapport tactile, rapport visuel, charnel ? Ces visages
nous somment du regard et nous invitent à un dialogue
avec l’univers des formes . Si l’art est un “anti-destin”,
les “têtes” d’Alain Baudet sont les témoignages
privilégiés de ce passage de l’homme. La
main du sculpteur restera comme une trace de ce passage
. Leurs regards ne sont pas seulement orientaux ou asiatiques,
telles les premières idoles négociant avec
les forces chtoniennes, telles les têtes sur modelées
de Jéricho ou les têtes de femme d’Uruk,
ils scrutent l’éternité.
|
|
|
|
|

| |